Archives mensuelles : juin 2016

Moustique tigre : Vigilance rouge dans le Lot & Garonne

Vecteur de maladies tropicales comme la dengue et le chikungunya, le moustique tigre est implanté et actif dans 20 départements de France métropolitaine.

Le moustique tigre (Aedes albopictus) continue sa colonisation en France métropolitaine débutée en 2004 : polus que 20 départements sont en alerte rouge – ce qui veut dire que le moustique tigre y est implanté et actif – et plus que 21 départements sont en alerte orange (interceptions ponctuelles de moustique). Enfin, les autres départements sont simplement en veille sanitaire ou entomologique.

Comment identifier un moustique tigre ?
L’implantation du moustique-tigre (Aedes albopictus de son nom savant), potentiel vecteur de maladies tropicales comme la dengue et le chikungunya, se poursuit en direction du nord de la France, ont indiqué mercredi 27 mai 2015 plusieurs acteurs institutionnels en charge de la lutte contre la propagation de l’insecte en Saône-et-Loire. Désormais, le département est l’un des 20 où la présence de ce moustique originaire d’Asie est avérée. « La propagation est extrêmement rapide », a souligné Rémi Foussadier, responsable de l’entente interdépartementale de démoustication en Rhône-Alpes. L’insecte se propage en « sauts de puce » et« une fois installé, il se diffuse en taches d’huile », a-t-il poursuivi.

La surveillance de cette expansion territoriale est un souci constant car la présence de ce moustique en métropole, détectée pour la première fois en 2004, a introduit un risque jusqu’ici inexistant : la possibilité d’une épidémie de chikungunya et de dengue en France métropolitaine. Une inquiétude qui a poussé les autorités à mettre en place un système permettant à n’importe quel citoyen de signaler en ligne la présence du moustique tigre via le site signalement-moustique.fr. Une méthode qui permet de suivre au plus près sa colonisation du territoire. Mais comment le reconnaître à coup sûr parmi les 67 espèces différentes de moustique répertoriées en France ?

La fiche d’identité d’Aedes albopictus
On entend souvent dire que le moustique tigre est facile à reconnaître en raison de ses rayures caractéristiques. Oui, sauf qu’en réalité l’espèce est si petite – à peine 5 mm – que cette indication n’est pas d’une grande utilité. À moins que celui-ci ait été délicatement tué. Ecrasé, il peut devenir difficile à identifier… Toutefois, si vous parvenez à l’observer immobile, et de près, vous ne pourrez pas passer à côtés de ses couleurs caractéristiques : un corps très noir avec des rayures ou taches blanches, sur les pattes comme sur l’abdomen. Plutôt semblable au zèbre qu’au tigre donc.

COMPORTEMENT. Le vol du moustique tigre est relativement lent, ce qui le rend assez facile à écraser. Surtout, il fait partie des espèces qui piquent en journée, avec un pic d’activité au levé du jour et au crépuscule. Une information précieuse pour son identification. En effet, un moustique qui vous tourne autour alors que vous vous couchez (après le coucher du soleil) n’a que d’infimes chances d’appartenir à l’espèce tigre. Sa période d’activité cours de mai à novembre.

L’espèce est adaptée à l’environnement humain et se développe préférentiellement dans des environnements péri-urbains, ainsi que dans des zones urbaines très denses. Venu d’Asie, sa « plasticité biologique » lui a permis de coloniser plus de 60 pays dans le monde et il fait désormais partie des 10 espèces les plus invasives.

2 axes de lutte contre le moustique
Il y a deux axes de lutte pour se prémunir des piqûres : éviter la prolifération des moustiques en court-circuitant leur cycle de reproduction et veiller à la protection individuelle.

PROLIFÉRATION.
La femelle moustique se reproduit en pondant ses œufs dans les eaux stagnantes, entre 50 et 300 par ponte. L’éclosion de chaque œuf donne une larve qui, en deux semaines, se transforme en adulte avant de quitter son environnement aquatique pour s’envoler vers votre doux épiderme.

 

Le moustique tigre est fortement affilié à l’homme et se déplace peu. Il y a donc toutes les chances pour que le moustique qui vous pique soit né chez vous, ou tout près. C’est pourquoi les mesures prises à la maison sont les plus efficaces pour éviter la prolifération.

Eliminer les eaux stagnantes
Arrosoir, soucoupes de pots de fleurs, descente de gouttière, égouts, creux d’arbres, vieux pneus, bassins divers, fût d’eau de pluie… de très nombreux endroits parfois insoupçonnés peuvent être propices à la ponte. Le mieux est de passer régulièrement le jardin au peigne fin pour les éliminer. Pour les réservoirs d’eau tels que les puits, mares ou les piscines hors d’usage (celles en fonction ne sont pas propices à la ponte), pensez à mettre des larvicides.

RÉPULSIFS.
Dans certaines régions très propices aux moustiques (zones humides ou marécageuses), ces mesures ne suffiront pas. Il est donc nécessaire de se protéger individuellement. Les produits répulsifs constituent un marché gigantesque dans lequel il est difficile de se retrouver. Voici quelques repères :

Les produits à oublier :

Les applications smartphones qui prétendent éloigner les moustiques par l’émission d’ultrasons sont nombreuses. Elles sont pourtant parfaitement inutiles. Testées et désapprouvées par Sciences et Avenir.

Les bracelets anti-moustiques qui fleurissent dans les rayons des supermarchés sont certes très tendance, mais sans grand intérêt. Si les produits qu’ils diffusent peuvent être efficaces, ils ne le sont qu’au niveau de la zone du bracelet. Tout juste vous protégeront-ils l’avant-bras si vous le mettez au poignet et le mollet si vous le placez sur votre cheville… Il vaut donc mieux choisir des sprays à étaler sur les surfaces découvertes de votre peau.

Bien que très populaire, la citronnelle sous ces différentes déclinaisons (bougies, huile, spray) n’est pas l’idéal. Son efficacité est réduite à quelques espèces seulement, et le moustique tigre n’en fait pas partie.

Les produits efficaces :

Economique et presque infaillible, la moustiquaire est encore ce qui se fait de mieux lorsque vous n’êtes pas en mouvement.

Dans la catégorie répulsif, le DEET (Diethly Toluamide) est considéré comme le plus actif. Sous forme de spray, lotion ou gel, il agit en modifiant les perceptions olfactives du moustique afin de l’empêcher de piquer. Attention cependant car il s’apparente à un produit neurotoxique. Il est formellement déconseillé chez la femme enceinte et les enfants de moins de six mois.

Attention, les répulsifs ne font pas bon ménage avec les crèmes de protection solaire : celles-ci doivent être appliquées au moins 20 minutes avant le répulsif.

Plus naturel que le DEET mais tout aussi agissant, l’IR3535 ne comporte aucune contre-indication particulière et est réputé efficace également contre les tiques, les taons, les guêpes et les abeilles. Son utilisation chez les jeunes enfants demande néanmoins de respecter scrupuleusement les précautions d’emploi. Au besoin, demandez conseil à votre pharmacien.

Enfin, il faut savoir que les moustiques tigres piquent à travers les vêtements et sont attirés par les couleurs foncées. Pensez donc à mettre des vêtements longs, amples et clairs.